" Mes démons ressurgissent, indomptables et me laissent, perdue, dans des pensées suicidaires que je ne peux controler. Tout devient morne, fade, dépourvu de gout. Tout m'apparait alors futil et là je me demande encore pourquoi je continue. Je me souviens encore, comment c'était quand tout allait bien, quand toi, tu étais encore présent, quand eux, ils étaient encore avec moi, quand on allait se foutre dans l'herbe et délirer comme des tarés, ne pensant à rien, ne s'inquiétant de rien, mais n'étant que bien. Et aujourd'hui... J'en perds l'appétit, mon sourire s'efface peu à peu et mes rires se crispent. Mes gestes sont faux. Je n'ai plus envie de rien. C'est le dégout de vivre. J'en attrape peur. Une peur qui m'a rongée tout au long de cette misérable vie, en attendant une issue, en vain.
Mes nerfs commencent à lacher petit à petit, mon cerveau explose, ce sont des maux de tête à répétition et je ne controle plus rien. Je peux sentir toutes ses pulsions et chaque battement de mon coeur me fait un peu plus mal, chaque souffle me taillade un peu plus les poumons, chaque pensée me massacre encore et toujours mon cerveau déjà en décomposition. Et toi me disant que je n'en valais plus la peine, que le cinéma avait trop duré, que mes jeux t'agaçaient. J'aurais aimé te faire comprendre à quel point je t'ai détesté toutes ses années passées à tes côtés, j'aurais aimé te faire comprendre à quel point tu n'étais rien. Si tu savais, même mes clopes ont toujours eu plus d'importance que toi et ton amour à deux balles.
La paranoïa grimpe et s'empare de moi. Comme toujours. Elle est ma folie: c'est comme une deuxième personnalité, puissante, increvable que je ne peux défier, celle qui me fait perdre la raison, celle qui me perdra, tout simplement. Elle qui à mesure des années s'amplifie et a de plus en plus d'emprise sur mes comportements et mes pensées. Et quand je pense que même les médecins n'ont rien pu faire pour moi. Tous ces cachets que je devais m'enfiler, jour après jour, n'ont fait que me consumer et me désespérer un peu plus. Je ne fais plus confiance, je ne crois plus personne.
Rien n'a alors plus d'importance...
Et dans un soupir profond, presque final, une larme essayant de s'échapper du coin de mon oeil, je me demande encore, le flingue sur la tempe, si je dois appuyer sur la gachette. Je me suis détruite. "
Anonyme
Me sentir crever. Doucement, Gentillement.___